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À mesure que le paysage commercial mondial évolue, les organisations sont confrontées à la complexité de la transformation numérique, à une concurrence intense pour attirer les talents et à des progrès technologiques rapides. Pour RGP, société mondiale de services professionnels spécialisée dans les besoins en talents, le consulting et l’externalisation, ces défis constituent autant d’opportunités pour affiner ses stratégies commerciales grâce à des modèles d’engagement personnalisés.

Lors de la conférence #AvatureUpfront US à Scottsdale, en Arizona, Keith Golden, Chief Information Officer de RGP, s’est joint à Dimitri Boylan, CEO d’Avature, pour un nouvel épisode de The Talent Transformation Podcast, afin de discuter de la manière dont l’innovation et la collaboration entraînent ces changements. « La transformation numérique exige des profils capables de se projeter : imaginer les expériences numériques, comprendre un produit numérique et comment il fonctionne », a déclaré Dimitri Boylan. En ce sens, il ne s’agit pas seulement de technologie, mais aussi des talents capables de mener à bien les processus et l’objectif global de ces initiatives.

Dimitri Boylan a approuvé, soulignant que le rythme du changement est essentiel : « Rien ne peut être réalisé à grande échelle sans le numérique. La question n’est plus de savoir si la transformation est nécessaire, mais à quelle vitesse et avec quelle efficacité vous pouvez la mettre en œuvre. »

En général, les témoignages sur la transformation sont présentés du point de vue des responsables RH. Cette fois, grâce aux connaissances de Keith Golden en tant que CIO, nous avons eu l’occasion unique d’explorer comment les équipes de gestion de talents et les services informatiques peuvent collaborer plus efficacement depuis l’autre côté de la barrière.

C’est parti !

Une vision audacieuse : le Projet Phoenix et le parcours de transformation de RGP

Au cœur de la stratégie de transformation numérique de RGP se trouve le Projet Phoenix, une initiative pluriannuelle visant à moderniser les fondements technologiques et opérationnels de l’organisation. Pour Keith Golden, il ne s’agit pas seulement d’une mise à niveau du système, mais d’une réinvention du fonctionnement et de la valeur ajoutée de RGP.

Nos anciens systèmes nous ont paralysés. Nous disposions du personnel et des relations nécessaires, mais nous n’avions pas le soutien opérationnel d’un point de vue technologique pour exploiter pleinement notre potentiel. »

Keith Golden
CIO, RGP

RGP a depuis adopté une approche multiplateforme basée sur le cloud pour relever ses défis, en intégrant des fonctions clés dans les domaines des opérations, des finances et de l’engagement client. Le déploiement rapide d’applications de go-to-market en Amérique du Nord est un exemple de cette réussite. « Avec Avature, nous avons pu répondre rapidement à l’appel d’offres, ce qui nous aurait pris beaucoup plus de temps auparavant », a expliqué Keith Golden. « Le coût de l’opportunité aurait été énorme, car nous aurions dû renoncer à d’autres tâches essentielles. »

Dimitri Boylan a contextualisé la portée plus large de ces efforts : « C’est justement l’argument en faveur de la capacité à changer en continu, non ? Intégrer le changement au modèle opérationnel de l’organisation. Nous sommes en constante évolution, alors autant devenir bons en la matière. »

Bien que le plan de transformation de RPG soit bien avancé, il est loin d’être achevé. Keith Golden a souligné que les phases futures comprennent le déploiement de systèmes financiers à l’échelle mondiale et la mise à l’échelle des solutions pour les filiales internationales. « Il reste encore beaucoup de travail à faire », a-t-il fait remarquer. « Mais à ce stade, il s’agit de suivre une routine en répétant les mêmes opérations plutôt que d’innover. »

Transformation numérique : plus qu’une simple mise à niveau technologique

Keith Golden considère la transformation numérique comme un effort global visant à repenser le fonctionnement des organisations, leurs interactions avec leurs clients et la manière dont elles responsabilisent leurs employés. Pour garantir la réussite d’une telle transformation, il est essentiel que les hauts responsables soit alignés. « En 2024, il est étonnant que certaines entreprises considèrent encore la transformation comme une initiative qui ne relève que du directeur informatique », a déclaré Keith Golden. « C’est un effort qui nécessite l’alignement de l’ensemble de l’équipe de direction. »

Chez RGP, la transformation est une responsabilité partagée entre les cadres supérieurs. « Nous avons obtenu l’adhésion de notre CEO, puis celle du CHRO et d’autres dirigeants clés », a souligné Keith Golden. La collaboration entre les fonctions, en particulier entre les responsables des technologies et les revenue managers, garantit que les initiatives sont alignées sur les objectifs commerciaux et apportent une valeur mesurable.

Dimitri Boylan partage cet avis : la transformation ne peut se faire en vase clos. Elle nécessite une vision commune, où tous les dirigeants sont alignés et encouragent activement le changement dans leur sphère d’influence.

En ce sens, le rôle de la gestion du changement dans ce processus ne peut être surestimé. Keith Golden a salué le travail de l’équipe de gestion du changement de RGP, qui a aidé l’organisation à mener à bien cette transition :

Une erreur courante consiste à sous-estimer l’importance de la gestion du changement. Nous avons la chance de disposer d’une équipe interne exceptionnelle, qui a joué un rôle crucial dans notre réussite. Dans mes fonctions précédentes, j’ai participé à tellement de discussions où le CEO ou le CFO ne saisissait pas les enjeux. »

Keith Golden
CIO, RGP

Dimitri Boylan a développé ce point en observant que présenter le changement comme une simple « formation à un nouveau système » plutôt que comme une modification du mode de fonctionnement de l’entreprise revient à passer à côté d’une occasion de repenser la manière dont le travail est effectué. Or, c’est là que réside la clé du succès ou de l’échec de la transformation.

Les talents : un nouveau champ de bataille

La transformation n’est pas seulement un défi technologique, mais aussi un défi humain. Keith Golden a insisté à plusieurs reprises sur le rôle essentiel des talents dans la réussite des entreprises. « La guerre des talents est terminée, et les talents ont gagné », a-t-il observé, soulignant à quel point la concurrence est devenue rude pour recruter des professionnels qualifiés.

Malgré certaines turbulences dans l’environnement macroéconomique, Keith Golden estime que cette tendance devrait se poursuivre. C’est pour cette raison que, selon lui, le rôle des leaders de la gestion des talents et des CHRO devient de plus en plus crucial, au même titre que celui des autres responsables chargés de fournir les talents au sein de l’organisation. D’autre part, les CIO ont pour mission de s’assurer que les systèmes nécessaires sont en place pour permettre à ces talents d’exprimer tout leur potentiel.

« Nous sommes tous à la recherche des mêmes personnes exceptionnelles », a expliqué Keith Golden. « Plus l’expérience est rapide et personnalisée, plus nous avons de chances d’attirer et de retenir ces talents. »

La guerre des talents est terminée, les talents ont gagné. »

Keith Golden
CIO, RGP

Dimitri Boylan a convenu que la technologie pouvait jouer un rôle décisif dans cette démarche : « L’attention des talents est sollicitée de toutes parts. Il existe une lutte pour attirer l’attention, vous disposez de très peu de temps pour faire passer votre message. »

Pour RGP, cette réalité a remodelé son approche de l’acquisition et de la gestion des talents. Parmi ses initiatives clés figurent notamment :

  • Tirer parti de la technologie : des outils tels qu’Avature ont permis à RGP d’optimiser ses processus d’embauche, ce qui permet à l’organisation d’identifier et d’engager les meilleurs candidats.
  • Assurer les remplacements pendant la transformation : les projets de transformation à grande échelle nécessitent souvent des ressources importantes, ce qui entraîne des déficits au niveau opérationnel. RGP remédie à ce problème en fournissant des professionnels qualifiés pour pourvoir ces postes. Keith Golden a donné l’exemple d’un client en pleine transformation ERP qui avait besoin de pourvoir 100 postes dans 27 catégories différentes. « Notre capacité à répondre rapidement a renforcé notre position de partenaire de confiance », a-t-il souligné.
  • Investir dans les employés les plus performants : Keith Golden a souligné l’impact considérable des meilleurs talents, déclarant : « L’écart entre une personne se situant dans le 90e centile de ses capacités et un employé moyen est colossal. Dans le cadre d’une transformation, cette différence peut s’avérer déterminante. »

Malgré ces stratégies proactives, le paysage général des talents reste difficile. Keith Golden a fait référence à une enquête interne qui a révélé que 85 % des entreprises n’avaient pas atteint leurs objectifs de transformation, 40 % d’entre elles attribuant ces lacunes à une pénurie de talents.

Le rôle de l’IA dans la transformation

L’intelligence artificielle constitue un autre élément essentiel du puzzle de la transformation. Keith Golden a décrit l’IA comme un outil permettant d’améliorer les capacités humaines plutôt que de les remplacer.

Une bonne IA rend les personnes efficaces encore meilleures : c’est un multiplicateur de force, et non un substitut. »

Keith Golden
CIO, RGP

Cependant, l’implémentation de l’IA nécessite une réflexion approfondie. Keith Golden a remarqué qu’il existe une idée fausse selon laquelle l’IA serait une solution miracle. Dans un contexte où de nombreuses entreprises de taille moyenne n’ont pas les moyens d’investir massivement dans cette technologie, il est essentiel de nouer des partenariats stratégiques avec des fournisseurs expérimentés qui ont déjà franchi les étapes d’apprentissage de l’IA. « Grâce à leur expertise, nous sommes en mesure d’appliquer l’IA là où elle apporte le plus de valeur », a-t-il expliqué.

Dimitri Boylan a toutefois ajouté une mise en garde, soulignant que le potentiel de l’IA est souvent mal compris :

Tout d’abord, passer le cap du battage médiatique est onéreux. Cela demande beaucoup de travail, de recherche, d’analyse et d’évaluation. Et lorsque vous commencez à déployer de l’IA, se lancer à l’aveuglette coûte cher. Les gens pensent que l’IA est gratuite, mais la puissance de calcul nécessaire pour faire fonctionner l’IA est trois, quatre, cinq, six, voire dix fois supérieure à celle requise pour exécuter une application avec une base de données dans l’interface utilisateur et enregistrer une valeur dans un champ. »

Dimitri Boylan
CEO, Avature

Quelle sera la suite ? Agilité et changement continu

À la fin de la conversation, les deux dirigeants ont réfléchi à l’aspect continu de la transformation et à ses implications pour l’avenir. Keith Golden s’est montré optimiste : « Ces besoins en matière de transformation numérique sont permanents. C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis très optimiste quant à RGP et à notre avenir, alors que nous poursuivons notre transformation. L’agilité exige de travailler en permanence sur ces plateformes et de les mettre à jour. Il ne s’agit pas d’un effort ponctuel. »

Dimitri Boylan a abondé dans ce sens, ajoutant : « C’est une nouvelle façon de faire des affaires. C’est passionnant. »

Dimitri Boylan

Bienvenue dans ce nouvel épisode de The Talent Transformation Podcast. Nous recevons aujourd’hui Keith Golden, Chief Information Officer chez RGP. Bienvenue Keith.

Keith Golden

Ravi d’être ici.

Dimitri Boylan

Quel plaisir de vous recevoir ! Pourriez-vous m’expliquer brièvement les activités de RGP ? Globalement.

Keith Golden

C’est une entreprise internationale de services professionnels. Nous nous concentrons sur deux domaines clés, actuellement. Nous aidons les entreprises à répondre à leurs besoins opérationnels quotidiens. On se concentre sur les efforts de transformation et sur le soutien de ces efforts.

Dimitri Boylan

Quelle est l’ampleur ? Est-ce pour les États-Unis ?

Keith Golden

Pour le monde entier.

Dimitri Boylan

Le monde entier, oui. Vous gérez donc la technologie d’une organisation mondiale. Vous fournissez la technologie nécessaire au fonctionnement de l’organisation. Dans quelle mesure êtes-vous impliqué dans les changements d’approche technologique de vos clients ?

Keith Golden

Excellente question. Nous nous concentrons vraiment sur notre transformation… sur notre effort de transformation interne actuellement : le Projet Phoenix. Il s’agit plus d’un programme que d’un projet, mais pluriannuel, multifonctionnel et multiplateforme. À cette fin, nous mettons de l’ordre dans nos affaires, pour ainsi dire, avec une technologie nous permettant de mieux répondre aux besoins des clients.

Dimitri Boylan

Vous fournissez des services opérationnels à vos clients. Vous faites donc partie de leur organisation quelque part ?

Keith Golden

Tout à fait.

Dimitri Boylan

Votre transformation numérique ne doit pas seulement transformer votre organisation, mais aussi les services qui les affectent. Où en êtes-vous dans votre propre transformation ? En êtes-vous à la première étape, à la sixième ? Quelle est la situation ?

Keith Golden

Nous sommes à mi-chemin. Je dirais que nous sommes sur le point de franchir un cap. Nous avons mis en service nos applications de go-to-market en février en Amérique du Nord, Avature en faisait partie. En décembre, ce sera au tour de nos applications financières. C’est le système d’enregistrement. C’est donc très important. Ensuite, nous passerons à nos opérations internationales et à nos filiales. Il reste donc encore beaucoup de travail, mais il s’agit plutôt de… Il s’agit de suivre une routine plutôt que d’innover. Je suis très confiant.

Dimitri Boylan

Vous êtes donc à mi-chemin et tout se passe bien.

Keith Golden

Ça se passe bien.

Dimitri Boylan

D’accord, c’est super. D’après vous, quel sera l’impact sur l’activité ?

Keith Golden

Oh, cela va avoir… Cela a déjà un impact énorme.

Dimitri Boylan

Énorme, vous dites ?

Keith Golden

On est vraiment dans la transformation.

Dimitri Boylan

Oui.

Keith Golden

Pas seulement en théorie, mais aussi dans la réalité.

Dimitri Boylan

À quel point ce fut difficile ? Je vais reprendre ce point… Vous êtes CIO. Nous discutons principalement avec les CHRO ou les RRH. Mais moins avec les responsables technologiques. Ces derniers ont, à mon avis, plus de marge pour mener à bien la transformation numérique. Car vous possédez la technologie.

Keith Golden

Exactement.

Dimitri Boylan

Avez-vous dû convaincre l’entreprise ? Avez-vous soudainement dit : « C’est l’heure de la transformation numérique » ?

Keith Golden

Oui, je pense qu’il y avait juste une compréhension générale, à commencer par notre CEO, Kate Duchene, qu’il fallait…

Dimitri Boylan

Il fallait prendre cette direction.

Keith Golden

Exactement. On avait l’adhésion des chefs, du CHRO et des autres dirigeants clés. Mais, même avec cette adhésion, cela reste un travail difficile. Une transformation, même au travail, dans les meilleures conditions, avec les meilleurs résultats, reste une tâche ardue.

Dimitri Boylan

C’est difficile.

Keith Golden

Oui.

Dimitri Boylan

Oui. C’est du travail en plus.

Keith Golden

En effet.

Dimitri Boylan

Oui, pour tout le monde.

Keith Golden

Pour tout le monde. Pour revenir sur les CIO… Vous savez, leur rôle dans tout cela… Je travaille dans le domaine de la transformation depuis 10, 15 ans, et j’ai commencé par la restructuration de services informatiques. Les services IT étaient inefficaces… Mais nous pouvions être très cloisonnés, concentrés sur nous-mêmes. Ces sept à dix dernières années, mon travail de transformation s’est étendu à l’ensemble de l’entreprise et a radicalement changé. L’informatique n’est qu’une petite partie. C’est un catalyseur, mais… Ces efforts seraient vains sans l’implication de toute l’équipe de direction, sans exception.

Dimitri Boylan

Vous intégrez maintenant ces activités opérationnelles dans cette nouvelle expérience technique, n’est-ce pas ? Vous avez plus de poids. Donc… Les personnels non techniques de votre organisation. Comment avez-vous décrit ce que serait cette expérience ? L’avez-vous fait ?

Keith Golden

Nous avons beaucoup travaillé de manière transversale pour découvrir ce que les gens recherchaient dans les solutions ou en amont : « Que nous manque-t-il, selon vous ? » « Qu’utilise la concurrence ? » « Qu’entendez-vous dire que nous n’avons pas ? » C’est l’un des éléments qui nous ont conduits à notre approche actuelle axée sur les meilleures solutions.

Dimitri Boylan

Ces feedbacks ont-ils été surprenants ? Ou révélateurs ?

Keith Golden

Je pense que nous… Au plus haut niveau, tout le monde comprenait que nous étions à la traîne et qu’il fallait évoluer. Ce qui me surprend encore, même après toutes ces années, c’est la difficulté, malgré tous les efforts pour se mettre à la place du CFO, du CHRO, du COO ou du CEO, d’obtenir ce genre de feedback. À temps plein.

Dimitri Boylan

Oui.

Keith Golden

C’est ce qui nous manque. C’est ce qu’il nous faut. Recevoir ce genre de retour, c’est toujours un peu rude. Être fier de ce qu’on a accompli, puis entendre en quoi ça ne suffit pas, et…

Dimitri Boylan

En fait, vous voulez savoir ce qui ne va pas.

Keith Golden

Oui, comment faire mieux ?

Dimitri Boylan

Oui. Vous savez, les personnes peuvent se mettre sur la défensive, mais les enjeux sont importants. Dans votre entreprise actuellement, avez-vous l’impression que… ? Vous avez dit que vous aviez du retard à rattraper, n’est-ce pas ? Pensez-vous que la manière dont les entreprises gèrent les talents aujourd’hui évolue fortement ? Comment cherchez-vous à obtenir cet avantage concurrentiel grâce à la technologie ?

Keith Golden

Oui, oui. Excellentes questions. Les choses évoluent profondément pour les entreprises les plus avisées. Et puis, pour toutes les autres… Elles sont en retard en matière de gestion des talents. Certains de vos invités ont déjà dû vous le dire : « La guerre des talents est finie, les talents ont gagné. » Malgré les quelques turbulences actuelles dans l’environnement macroéconomique, tel sera le scénario à l’avenir. De mon point de vue, les CHRO et les autres personnes responsables de la gestion des talents jouent un rôle de plus en plus crucial. Mon rôle, comme celui des autres CIO, c’est de veiller à ce que les systèmes soient en place pour permettre cela. Parce qu’au fond, on cherche tous à attirer les mêmes profils rares. Et plus on va vite pour les atteindre, plus l’expérience qu’on leur propose est personnalisée, et plus on a de chances de les attirer.

Dimitri Boylan

Oui, oui. L’attention des talents est sollicitée de toutes parts. C’est une lutte pour leur attention.

Keith Golden

Exactement.

Dimitri Boylan

On a très peu de temps pour faire passer notre message sur le marché des talents actuel. Je ne pense pas que cette fenêtre d’opportunité va s’élargir. Je veux dire, c’est comme ça. C’est un peu… À quel point pouvez-vous être agile pour tirer parti des opportunités occasionnelles afin d’obtenir un avantage concurrentiel et d’avancer sur le marché ? Selon moi, pour la plupart de nos clients, rien ne se fait sans le numérique. Rien n’est faisable à grande échelle sans le numérique. Votre capacité à traduire rapidement vos besoins en solutions numériques devient vraiment l’élément déterminant.

Keith Golden

Oui, tout à fait. J’aimerais connaître votre opinion à ce sujet, car vous avez acquis une expérience hors du commun dès vos débuts.

Dimitri Boylan

Mes débuts. C’est une jolie façon de le dire.

Keith Golden

Vous savez, dans ce domaine. Eh bien, oui. Je vois maintenant que les premiers initiatives numériques portaient surtout sur des « choses ». Par exemple, les photos, la musique… Pouvoir les numériser et les transformer, c’étaient des cas évidents au départ. Mais ces batailles-là sont, pour la plupart, déjà gagnées. Et aujourd’hui, ce que j’observe, c’est qu’on essaie de transférer cette même dynamique numérique dans le domaine des talents. Et là, il ne s’agit plus d’objets. Ce sont de vraies personnes.

Dimitri Boylan

Oui, c’est plus compliqué.

Keith Golden

Oui, oui. Mais pour y parvenir, il faut s’entourer, en interne et parmi vos partenaires, de collaborateurs comprenant cet enjeu. Saisissant l’importance de conserver une expérience personnalisée, en allant vite, vite, vite. Il faut pouvoir agir rapidement : filtrer les bons profils, cibler les candidats à contacter, entretenir les échanges.

Dimitri Boylan

Vous avez parfaitement raison, cela devient plus complexe aujourd’hui de faire entrer la technologie dans certains de ces domaines. Vous devez avoir une bonne perspective sur ce sujet, car, bien que CIO, vous êtes dans une entreprise qui est surtout orientée talent. Donc vous parlez forcément de talents en permanence. C’est votre cœur de métier, non ?

Keith Golden

Oui.

Dimitri Boylan

Alors… Comment faites-vous pour rester concentrés sur le travail quotidien ? Tout en gardant aussi en tête l’importance de mettre à profit la technologie et de l’exploiter à fond ? Segmentez-vous les équipes en interne, en plaçant untel sur les opérations et untel sur l’avenir ? Ou est-ce un processus plus organique ?

Keith Golden

Chez nous, c’est plutôt organique. Mais je vais être honnête : j’ai un parti pris assez fort là-dessus… C’est là que le leadership entre en jeu. Ça vaut pour mon rôle, comme pour celui du COO, du CEO… tout le monde, en fait. Tous ces directeurs doivent être alignés et transmettre ce message chaque jour, convaincus que oui, nous devons continuer à faire ce que nous faisons, et faire tourner la machine. Il faut aussi adopter et faire avancer les nouvelles initiatives, celles qui vont préparer notre bel avenir. Et, comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas simple à faire.

Dimitri Boylan

Quelles pourraient être les raisons d’un échec ?

Keith Golden

Vous savez… Deux ou trois facteurs reviennent systématiquement. Deux en particulier sont très pertinents ici… Le premier est l’alignement de la direction. Très étonnamment, il existe encore en 2024, des entreprises où le CEO lance une transformation lors d’un discours puis dit au CIO, ou à un autre responsable : « Appelez si besoin. » Ça ne fonctionne pas. Ce sont souvent des initiatives qui n’aboutissent pas, où vous n’avez pas l’adhésion totale de la direction au quotidien. C’était le premier facteur. Le deuxième écueil fréquent, c’est de sous-estimer l’importance de la gestion du changement, et de sa fonction.

Dimitri Boylan

Oui.

Keith Golden

Fort heureusement, notre équipe de gestion du changement est exceptionnelle, je n’ai jamais vu ça ailleurs. Elle a été essentielle à notre réussite. Mais… malgré l’estime que j’ai pour ce domaine, j’ai participé à bien des discussions où le CEO, le CFO ne voyaient pas l’intérêt, ou refusaient d’investir : « Ce n’est que de la formation » « Ne peut-on le faire en interne ? »

Dimitri Boylan

Oui, oui. C’est là qu’on se heurte aux vraies difficultés. Les entreprises achètent une technologie différente. Mais sans gestion du changement, cette technologie entre en conflit avec les pratiques existantes. Vous avez raison : si on se limite à de la formation à un outil, sans transformer les façons de travailler, alors on suit la formation et on reprend nos habitudes. Ou bien ils ne la suivent même pas, en se disant : « Mon travail ne change pas, pourquoi devrais-je me former ? » C’est… La gestion du changement, c’est… Il est facile de faire l’impasse, mais difficile de réussir sans, n’est-ce pas ?

Keith Golden

Oui, c’est une évidence en soi. Si vous dites : « Nous transformons notre entreprise, mais nous allons simplement former les employés à cela. » Si c’est aussi important, si vous transformez votre entreprise, une partie du programme ne devrait-elle pas porter sur la gestion du changement ? Il ne s’agit pas d’ajouter un petit bonus à la fin de la formation ou du changement. Le dernier point que j’aimerais aborder, en termes de lacunes actuelles, c’est le fait d’avoir les bons talents dans votre équipe. Encore une fois, c’est évident, mais j’encourage tous ceux qui envisagent de se lancer dans l’une de ces aventures ou qui ont déjà commencé à le faire à s’assurer qu’ils peuvent… Nous avons parlé de remplacement, assurez-vous d’avoir le soutien requis et de recruter les meilleurs talents possibles pour faire ce travail, car une grande partie de celui-ci… Il y a une vraie différence entre quelqu’un qui se situe dans le 80e ou 90e centile de ses capacités, quelle que soit la technologie, et un employé moyen.

Dimitri Boylan

Oui, tout à fait.

Keith Golden

C’est énorme. Je n’ai pas toujours pensé que c’était le cas, mais c’est très profond. La différence est très marquée.

Dimitri Boylan

Oui. Je pense aussi que… Si deux personnes ont les mêmes capacités, mais que l’une d’elles a évolué dans un environnement très changeant, elle sera plus adaptée. L’adaptabilité est vraiment importante, car les choses se passent très vite. Douze mois, dix-huit mois, c’est très court pour transformer une entreprise, n’est-ce pas ? Les personnes ayant déjà fait ce genre de choses sont plus réactives. Non ?

Keith Golden

C’est vrai.

Dimitri Boylan

Vous savez, on aime toujours croire qu’il existe des athlètes exceptionnels, naturellement supérieurs, or, c’est juste parce qu’ils se sont entraînés.

Keith Golden

Exactement.

Dimitri Boylan

Contrairement à d’autres.

Keith Golden

C’est vrai.

Dimitri Boylan

Je pense que c’est l’argument qui permet de changer en permanence. Intégrer le changement au modèle opérationnel de l’entreprise. « On est en constante évolution, alors autant devenir bons en la matière. » Oui. Car les conditions du marché évoluent et la technologie évolue. Il y a des opportunités. Cela nous amène au sujet que nous ne pouvons ignorer ici, à savoir l’IA.

Keith Golden

C’est vrai.

Dimitri Boylan

Qu’en pensez-vous ?

Keith Golden

Oui… Excellente question. Je suis dans le… J’ai quelques réflexions à ce sujet. Je fais partie de ceux qui pensent que, du moins dans un premier temps… Ce que l’on va voir, c’est… une « bonne IA » qui rend les personnes compétentes encore plus efficaces, plutôt que de les remplacer. Cela viendra peut-être. Première étape : le multiplicateur de performance. Vous voyez ?

Dimitri Boylan

Oui.

Keith Golden

Pour nous, en tant qu’organisations, il faut trouver des moyens de mettre ces outils entre les mains de nos collaborateurs, pour s’assurer qu’ils bénéficient de cet effet multiplicateur. En tant qu’entreprise de taille moyenne, comme pour beaucoup d’autres, nous ne pouvons nous permettre d’investir massivement dans l’IA contrairement à d’autres. Nous devons choisir avec soin des partenaires expérimentés, investis de longue date dans ce domaine, et pas juste attirés par l’effet de mode. Et mettre à profit leur savoir-faire et leurs investissements. C’est essentiel pour nous, et pour beaucoup d’entreprises comme la nôtre.

Dimitri Boylan

Oui. Je pense aussi… Tout d’abord, passer le cap du battage médiatique est onéreux. C’est du travail, des recherches des analyses, des évaluations. Vous savez… Quand on commence à déployer de l’IA, se lancer à l’aveuglette est onéreux. Certains ont l’impression que l’IA est gratuite, parce qu’ils l’ont testée via ChatGPT, et ChatGPT est gratuit. Donc ils se disent que c’est génial. La puissance de calcul nécessaire pour faire fonctionner l’IA est de 3 à 10 fois supérieure à celle requise pour exécuter une application avec une base de données, l’IU et enregistrer une valeur. Nous parlons ici de quelque chose de complètement différent. Cela ne sera donc pas gratuit. Vous devrez en avoir pour votre argent… C’est extrêmement puissant, mais il faut l’appliquer là où vous en voyez l’intérêt. Ou avoir une bonne intuition, avant même de le faire. Difficile de savoir.

Keith Golden

Oui.

Dimitri Boylan

Vous êtes aventureux en la matière ? Ou avez-vous été prudents avant de le devenir ?

Keith Golden

Nous sommes passés de prudents à aventureux, mais… Honnêtement, je suis pleinement concentré sur la transformation numérique en cours. Nous pourrons élargir à nouveau notre champ de vision.

Dimitri Boylan

C’est intéressant, parce que… Quand on lance ce type de projet, il faut veiller à ne pas se laisser distraire. À mes débuts sur Internet, je disais souvent que l’une des clés de ma réussite, c’était justement de rester concentré. On me disait : « Vous êtes du secteur, vous devez tout savoir. » Et je répondais : « Je ne sais rien de tout ça. Je sais ce que je dois savoir pour passer à l’étape suivante. » J’étais entouré de personnes qui étudiaient tout ce qui se faisait, sans pouvoir en faire quelque chose.

Keith Golden

Oui. Très bon point. Il faut rester concentré. Et, vous savez, réagir rapidement si besoin. En laissant les autres faire quelques erreurs avant nous.

Dimitri Boylan

Oui. Ça semble raisonnable. Parlons de la relation entre le CIO et le CHRO.

Keith Golden

Excellente question. Cette relation prend de plus en plus d’importance au fil du temps. Je pense qu’au début de ma carrière, nous étions beaucoup plus cloisonnés. Chacun d’entre nous, le CHRO, le CIO. On observe de plus en plus, surtout dans les efforts de transformation, que le CEO ne s’appuie plus uniquement sur le CIO pour piloter ces efforts. Il ou elle s’appuie davantage sur un groupe de personnes, notamment le CHRO, le CFO… Cette relation devient donc bien plus importante qu’avant. L’une des choses que j’encourage mes collègues CHRO à faire est d’être proactifs avec leurs CIO, de façon fortuite ou bien dans certains cas, grâce au tempérament. Les CIO ne sont pas toujours les mieux placés pour établir ces relations lorsqu’il n’y a pas de lien évident. N’est-ce pas ?

Dimitri Boylan

Oui.

Keith Golden

Les CIO aiment généralement savoir comment les choses fonctionnent. Ils aiment être plus efficaces.

Dimitri Boylan

Exactement.

Keith Golden

Si un CHRO peut établir cette relation ou faire le premier pas, cela peut être bénéfique, à la fois pour l’organisation et pour ces deux personnes.

Dimitri Boylan

C’est très intéressant. Je ne voyais pas les choses sous cet angle-là. Oui, peut-être que c’est au CHRO de faire le premier pas.

Keith Golden

En effet.

Dimitri Boylan

Oui.

Keith Golden

Oui. Vraiment… Faîtes le premier pas. Bien sûr, j’encourage mes collègues dans la technologie et les membres de mon équipe à le faire aussi. C’est un peu dans ma façon de travailler. Beaucoup de CIO, même les meilleurs, peuvent se laisser absorber par la technologie en la mettant en œuvre.

Dimitri Boylan

On se laisse vite happer. Certains enjeux de cybersécurité nous semblent cruciaux, et on peut vite y consacrer toute son attention. Puis il y a l’IA. Il faut bien l’appréhender, et savoir où l’appliquer dans l’organisation où l’appliquer en premier, comment l’évaluer… Et on peut vite… reléguer « Nouer des relations avec le CHRO » en dixième position sur la liste des priorités. Oui, vous avez raison… C’est peut-être au CHRO de se dire « Je suis loin dans ses priorités, alors je vais faire en sorte de remonter dans sa liste. »

Keith Golden

Je dois vous dire que dans ma carrière, d’après mon expérience… Ces relations… C’est là que la magie opère. Vous créez cette relation, les informations circulent, vous découvrez des aspects inconnus du parcours de votre collègue, les défis qu’il ou elle rencontre, et en quoi cela est lié à la technologie et à ce que nous faisons du côté de la technologie. Je pourrais en parler des heures.

Dimitri Boylan

Bon point, cela dit.

Keith Golden

Oui, tout à fait.

Dimitri Boylan

Oui.

Keith Golden

Il y a autre chose qui me vient en tête, ce n’est pas directement lié, mais c’est très présent pour moi… Ce sont des données récentes issues d’une enquête menée par RGP sur les talents nécessaires pour mener à bien les efforts de transformation dont nous parlons. RGP a interrogé, fin 2023, 1 000 hauts responsables dans des entreprises réalisant plus d’un milliard de chiffre d’affaires. Les résultats sont intéressants, à la fois sur la question des talents et sur les initiatives de transformation numérique. Parmi ces 1 000 entreprises, le nombre moyen de transformations en cours avec un budget d’un million de dollars ou plus par programme ou projet… Il y en avait 20 en cours dont le coût s’élevait à un million de dollars ou plus. L’envie de faire ce travail est donc là et le besoin est bien réel. Mais en ce qui concerne la livraison, seuls 15 % des entreprises, chaque année depuis quatre ans, déclarent avoir atteint tous leurs objectifs initiaux. Autrement dit, 85 % disent : « On le fait, mais on n’obtient pas les résultats attendus. » La raison principale invoquée pour expliquer cet échec est le manque de talents. 40 %, le plus gros segment, disent ne pas avoir les talents nécessaires pour réaliser leurs projets.

Dimitri Boylan

Oui, tout à fait. Je comprends bien. La transformation numérique exige des profils capables de se projeter, d’imaginer les expériences numériques, de comprendre les produits numériques, leur fonctionnement et leur usage. Cela n’a pas toujours été… Vous voyez… C’est nouveau pour une bonne raison.

Keith Golden

C’est vrai.

Dimitri Boylan

Personne ne dit : « Oui, je fais ça depuis 15 ans. » « Je l’ai fait 15 fois. » Beaucoup d’entreprises font… Elles ont lancé leur transformation numérique il y a trois ou quatre ans, voire deux ans. Et, vous savez… Je pense à l’endroit où j’ai déjà vu ce type de talent. Mon domaine, c’était Internet. Dans ce domaine, il s’agissait de concevoir des produits avec lesquels les gens interagissaient, et d’en faire des succès commerciaux. C’était une expérience différente, mais finalement très proche de ce qu’est la transformation numérique. La transformation numérique… Beaucoup d’entreprises tentent de reproduire ce qu’elles ont vu avec l’arrivée d’acteurs disruptifs sur le marché, comme Amazon et d’autres, pour qui la technologie était intégrée dans absolument tout. Peu d’entreprises étaient dans ce cas. Même en réunissant toutes les personnes impliquées dans ces activités, vous ne pouviez mener qu’un petit nombre de transformations numériques sur le marché. Je pense notamment à des personnes qui travaillaient pour moi chez HotJobs et dont plusieurs sont parties chez Amazon pour travailler sur des produits. Ils étaient parmi les premiers responsables produit entre 1996 et 2002. Ils ont fait autre chose par la suite. Mais il s’agit de petits effectifs. Je pense que les gens doivent repenser la manière dont ils utilisent leur expérience pour réussir une transformation numérique.

Keith Golden

Oui… Oui. Si vous permettez, je vais oser faire le promotion de mon entreprise…

Dimitri Boylan

Allez-y, c’est permis, oui.

Keith Golden

C’est un domaine dans lequel nous sommes très à l’aise. Fournir des talents, pour assurer le remplacement d’un de vos chefs occupé à mener une transformation, ou faire venir ce talent indispensable, voire piloter le projet lui-même. C’est une des raisons pour lesquelles je suis optimiste pour l’avenir de RGP, notamment pendant que nous menons notre propre transformation. Ces besoins sont permanents. L’agilité demande un travail constant sur ces plateformes et leur mise à jour. On ne peut pas dire : « On verra plus tard ».

Dimitri Boylan

Non, c’est une nouvelle façon de faire les choses.

Keith Golden

Oui…

Dimitri Boylan

Oui. C’est passionnant.

Keith Golden

Oui.

Dimitri Boylan

Oui. J’aimerais en savoir plus sur votre parcours et vous revoir ici pour nous raconter comment cette transformation se passe et quel est son impact sur l’entreprise.

Keith Golden

J’adorerais.

Dimitri Boylan

Ce fut un plaisir. Merci d’être venu.

Keith Golden

Tout le plaisir était pour moi.

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